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A PROPOS DU PROJET DE LOI – SUR LA LEVÉE DE L’ANONYMAT DES DONNEURS DE GAMÈTES

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J’ai 51 ans, je suis marié et père de deux enfants de 16 et 18 ans (nés en 1992 et 1994) conçus par Fécondation In Vivo dans le cadre d’une Insémination Artificielle avec Donneur. J’ai appris ma stérilité en 1987 au CECOS de Rennes par le Pr Le Lannou. Après une longue réflexion, accompagnés par le Dr Vialard de l’unité de Procréation Médicalement Assisté de la clinique de La Sagesse à Rennes, mon épouse et moi avons opté pour une IAD plutôt qu’une adoption, en n’excluant pas non plus le choix de ne pas être parents.

 

Ayant informé nos enfants dès le plus jeune âge de leur mode de conception, nous avons pu observer, à chaque étape de leur vie, leur évolution quant à leurs questions concernant ma paternité au regard d’un père naturel et de leur père que je suis pour eux. Dans ce contexte, l’interdiction légale actuelle de connaître le donneur est, pour moi, nécessaire et contribue surtout au positionnement de chacun, père, mère, enfants au sein de la famille.

 

Après 1994, les progrès de la médecine et les techniques nouvelles auraient peut-être pu nous permettre d’envisager une procréation avec mes « quelques » spermatozoïdes. Dans l’éventualité d’avoir un troisième enfant, nous avions décidé de recourir à la même méthode avec donneur pour d’abord ne pas créer de différence. La question de l’anonymat se pose déjà là : la différence entre un enfant naturel et deux enfants conçus par IAD, et par extension, la différence ou la comparaison entre plusieurs enfants d’une même famille dont le ou les pères biologiques ne seraient plus anonymes.

 

Enfin, qu’elle est la définition du père. Est-ce celui qui donne en un instant une semence, ou est-ce celui qui assume ses rôles de père nourricier et d’éducateur à vie ?

Et quelle est la valeur du don de la vie dans l’anonymat ? Grande à mon avis et surtout parce que le don anonyme est totalement désintéressé d’au moins toute considération.

 

Pour l’enfant, du plus jeune âge à l’aube de l’adolescence, le père est celui qui est présent. C’est la référence. Rarement arrive les questions du père biologique. Elles sont, à cette époque, plus liées au questionnement de la conception qu’à l’identité du père biologique : Comment fait-on un enfant ? Comment suis-je né ? Qu’ont fait Papa et maman pour que je sois là ?

 

A cet âge, nous apprenons à nos enfants comment on « fait un bébé » en leur disant aussi qu’il n’y a pas qu’un seul mode de conception suivant les cas. L’enfant a une réponse, elle est claire, la réalité est évoquée en toute transparence. L’enfant est satisfait. Le fait que la Loi n’autorise pas à connaître le donneur freine toute suspicion de vouloir cacher quelque chose. Pour exemple, ma fille était très fière de dire qu’elle n’avait pas été conçue comme tout le monde. Avec son humour d’enfant, elle disait dès l’âge de quatre ans, qu’avant d’être dans le ventre de sa mère, elle était dans un frigidaire et si quelqu’un lui disait que je n’étais pas son père, elle avait une définition spontanée du père qui mettait un terme à toute interrogation.

 

A l’adolescence, lors d’échanges conflictuels, l’anonymat évite tout chantage à se tourner vers un père (ou une mère) biologique qui aurait soit le beau rôle ou bien une existence difficile à assumer face à un enfant qui revendiquerait soudainement sa paternité ou sa maternité.

 

L’éducation n’est pas une tâche facile, pourquoi vouloir la compliquer avec l’identité d’une tierce personne qui n’a jamais existée dans la relation d’abord père-mère, puis parents-enfant alors que la Loi actuelle clôt non seulement tout débat mais évite tout débordements difficiles à gérer.

 

A l’âge pré-adulte, on ne se pose plus de question, on s’est identifié ou on a trouvé la référence à un père ou une mère qui n’ont plus rien à prouver. Que viendrait faire un étranger dans la cellule familiale ? Pour ce jeune adulte, sa propre conception, souvent oubliée, a néanmoins contribué à une ouverture d’esprit, à une autre vision de l’égalité ou de l’inégalité des chances jusque dans les processus biologiques, à un autre regard sur la différence.

Si aujourd’hui on prône l’égalité des chances, laissons à un parent stérile la chance de l’être à part entière sans risquer d’être discriminé par un donneur identifié.

 

C’est bien entendu différent dans le cas d’une adoption où l’enfant a, depuis sa conception, une histoire, où il peut souffrir d’un sentiment d’abandon et en rechercher les causes, rechercher ses racines, et qui l’a conçu peut-être quand même dans un acte d’amour.

 

Pour une procréation avec donneur, c’est tout autre. Les parents ont fortement désiré l’enfant, ils ont dû faire un deuil biologique mais pas humain. Ils conçoivent l’enfant dans des démarches longues, dans un parcours médical pénible semé d’espoirs et de chutes, dans une volonté de donner la vie et d’assumer un rôle parental. Mais qui est le donneur ? Il n’est pas celui à qui on a envie de dire merci dans l’immédiat, il n’est pas de la plus haute importance, il est même celui qu’on a envie d’oublier. Heureusement, on ne le connaît pas. Par contre, nous disons merci à tous les donneurs, car l’un d’entre eux nous a permis d’être parents.

 

Le donneur, c’est un anonyme qui a été un jour sensibilisé à la détresse des autres, qui a eu envie d’accomplir un acte d’humanité, qui a fait une démarche personnelle pour permettre à d’autres de devenir comme lui parents. Pour avoir rencontré des donneurs ou d’éventuels futurs donneurs de sperme, c’est un acte qu’ils accomplissent dans la discrétion, je dirais même dans l’intimité. Le plus souvent seule leur épouse est au courant, car c’est aussi son choix. Elle n’a pas envie que son mari soit identifié comme « étalon » ou comme un procréateur à tous vents.

 

J’ai aussi, plus rarement, rencontré des femmes donneuses d’ovocytes. C’est souvent des femmes qui ont rencontré un problème de stérilité chez leur mari ou dans leur entourage proche, ou bien des femmes, parfois un peu militantes, bien sensibilisées à la stérilité féminine. Pour certaines qui font dons d’ovocytes après avoir eu recours à une insémination artificielle, c’est une manière de permettre à leur tour à une autre femme de vivre une maternité, de faire leur propre deuil d’une stérilité familiale. Je n’en connais pas qui feraient une telle démarche si l’anonymat était levé. D’ailleurs peu d’entre nous en connaissent, parce que, même dans un cercle d’amis, elles souhaitent que leur acte reste personnel et anonyme. Il est uniquement un choix de leur couple. En faisant état de leur don, elles prendraient le risque de soulever des débats nourris d’incompréhensions avec ceux et celles qui n’ont pas suffisamment de recul sur la question.

 

Je cherche à comprendre ce qui peut motiver un tel projet de Loi. Nos politiques connaissent ils bien le sujet pour en débattre ? Ont-ils été personnellement confrontés à la stérilité pour en connaître tous les non-dits ?

 

Avant de voir les généreux et discrets donneurs déserter les CECOS, de prendre le risque de ne plus satisfaire des couples en mal d’enfants, de voir des enfants perturbés alors que la Loi les protégeait ainsi que leur cellule familiale, je pense qu’il faut questionner les professionnels, leur demander l’avis des donneurs que, seuls, eux ont rencontrés et connaissent. Je pense que réflexion et concertation doivent précéder un vrai débat argumenté à l’Assemblée, si débat il doit y avoir. Car ce type de débat est inutile sinon lui-même stérile, voire destructeur de tout un travail effectué sur du long terme et surtout destructeur de la procréation médicalement assistée.


Delf

Monsieur,

 

Votre témoignage en tant que "papa" est fort intéressant, et bien sûr respectable. J'entends votre point de vue, et je pense que vous êtes nombreux à avoir cette opinion.

Pourtant, je parle en tant qu'enfant née d'une IAD (Insémination artificielle avec donneur). J'ai aujourd'hui 32 ans, et le chemin de l'identité a été long pour moi. J'ai appris à 24 ans que ma conception était différente, et que mon "papa" n'était en réalité pas celui qui avant donné sa graine. Cette nouvelle, bien que tardive, n'a en rien changé les liens que j'avais avec mon père. Les relations étaient difficiles avant, elles se sont un peu améliorées après, mais il est toujours resté mon "papa". Aujourd'hui il n'est plus là, et j'aurais tant de choses à lui dire, à lui demander, à échanger.

Pourtant, les interrogations sur mes origines ont toujours été en moi. Mais pendant une période, le complexe d'Oedipe  s'est immiscé en moi, et une impression de ne pas être "finie" m'a posé problème. Les contours de mon corps étaient devenues floues dans mes représentations, et une aide thérapeutique m'a aidée à y voir plus clair.

Je ne sais pas s'il faut ou non lever l'anonymat sur les donneurs, mais on ne peut faire l'économie d'une réflexion sur le sujet. Car certains d'entre nous ont besoin de réponses, ou tout au moins, ont besoin d'être entendus dans leur souffrance. Car l'ignorance crée la souffrance, me semble-t-il.

Vous dites chercher à comprendre ce qui peut motiver un tel projet de loi. Peut-être vous aurai-je apporté un début de réponse. Je ne prétends pas être un modèle ou une règle. Mais je sais que d'autres se posent ou se sont posé les mêmes interrogations.

La solution est dans l'échange et le dialogue. Et toutes les parties doivent être entendues. Cette question est récente, et le recul insuffisant pour pouvoir trancher aujourd'hui. D'une part, les couples sont en attente d'être parents, d'autre part les donneurs tiennent à rester anonyme, d'une autre part encore, les enfants s'interrogent et ont besoin de réponses. Dialoguons ensemble et peut-être alors la solution émergera. 


Al


J'ai lu avec intérêt vos échanges. Mon mari et moi sommes en attente d'un don d'ovocyte.
Le projet de loi bioéthique en envisageant la levée de l'anonymat du donneur intervient à un moment où nous sommes particulièrement attentifs à ces questions …

Pour revenir sur notre parcours, nous avons depuis cinq
années, maintenant l’envie d’avoir un enfant ensemble. Nous avons commencé par
« ne pas nous inquiéter » puis nous avons recouru à la procréation
médicalement assistée. En février 2010, suite à de nouveaux examens, une
déficience ovarienne précoce est décelée chez moi. A 31 ans, la nouvelle est
difficile à accepter. Nous réalisons deux FIV tout en sachant que nous avons
peu de chances que cela réussisse. Nous abordons la possibilité de réaliser une
demande de don d’ovocyte.

Rapidement, la question de la
parentalité est évoquée entre nous. Qu’est-ce qui fait que l’on est
parent ? Ce n’est pas parce que l’on renonce, par la force des choses, à
transmettre ses gènes que l’on n’est pas le parent de cet enfant. Aujourd’hui,
nous sommes au clair avec le fait que la FIV avec don d’ovocyte est pour nous la
possibilité de faire exister notre enfant. Pour moi, la possibilité de le
porter, de lui donner la vie. Pour nous, la possibilité de l’élever ensemble.
Au mois de juillet 2010, nous nous sommes inscrits sur la liste des couples en
attente d’un don d’ovocyte.

Nous avons parlé autour de
nous de notre projet et nous avons immédiatement discuté entre nous de ce que
l’on dira à notre enfant. Nous avons décidé de lui raconter notre parcours.
Nous avons imaginé lui parler de « graines », d’une personne que l’on
ne connaît pas mais qui avait décidé d’aider un couple à avoir un enfant. Par
hasard, parce qu’elle me ressemble un peu, ce couple, ce fut nous et cet enfant
ce fut toi. Il n’y aura pas de secret. Nous sommes rassurés de savoir que
l’enfant peut, si à un moment cela correspond à ses besoins, s’adresser au
CECOS pour avoir des précisions sur le don d’ovocyte éventuellement s’y
entretenir avec un psychologue. Nous avons quelques années à attendre avant
de pouvoir bénéficier d’un don.

 Les choses étaient claires
jusqu’à ce que le projet de  révision des
lois bioéthiques n’envisage de lever l’anonymat du don. Plusieurs questions se
sont alors bousculées.

Quel discours pourra-t-on
tenir à notre enfant ? Au discours imaginé plus haut devra
s’ajouter : et peut-être qu’un jour, à tes dix-huit ans, seulement si tu
le souhaites et selon ce que souhaite la donneuse, tu pourras la rencontrer ou
alors seulement avoir des informations sur elle… Quelles attentes va-t-on créer
chez l’enfant ? Nous nous sommes interrogés pour savoir si nous devions
maintenir notre position de dire les choses, hésitants à dire tout. Il ne nous
sera pas possible de cacher une partie de la vérité à un moment où ces
questionnements émergeront chez notre enfant. Il vivra donc avec ces attentes
et ces incertitudes.  La levée de l'anonymat du don va-t-elle réellement dans l'intérêt de l'enfant ?

Quelle place donne-t-on au
parent qui ne transmet pas ses propres gamètes ? Je crois aussi que la loi tend à assimiler
la situation d’un enfant né d’un don à celle d’un enfant abandonné pour lequel le droit à l'accès aux origines est reconnu. Il me
semble que ces situations sont totalement distinctes. Dans le cas d’un enfant
abandonné, deux couples existent : parents biologiques et parents
adoptifs. Les circonstances de la naissance de l’enfant sont déterminées par
ses parents biologiques. Les enfants abandonnés ont une existence avant
d’arriver dans leur foyer. Ils ont été portés par leur mère biologique. Après
l’abandon, cet enfant rencontre un couple, ces personnes deviennent ses
parents. L’enfant a une histoire partagée avec sa mère biologique, c’est ce qui
explique ce besoin,  pour certains
enfants, de connaître leurs origines, leur histoire. Dans le cas de l’enfant né
d’un don d’ovocyte, il y a une donneuse, un père et une mère. L’enfant naît du
désir de ses parents. La donneuse, aidée des médecins, des biologistes et … du
père, permet la réalisation de ce désir en fournissant une cellule, la moitié
du patrimoine génétique de l’enfant. Il n’y a pas d’histoire partagée entre la
donneuse et l’enfant. Elle ne donne pas son enfant. Elle donne une cellule. Ce
don a bien sûr une valeur très importante pour le couple receveur. Pour
l’enfant, la loi ne donne-t-elle pas un poids trop important à l’origine strictement
génétique. Comme future mère (si tout va bien…), je ne vous cache pas que je ne souhaiterais pas
être relayée au rang de « mère receveuse » …

 Une question d’un autre ordre
s’est posée : notre projet sera-t-il encore réalisable en France ?
L’impact de la loi sur le nombre de donneurs est redouté par les professionnels.
Comme nous l’avons indiqué plus haut, nous parlons autour de nous de notre
projet, il devient extrêmement complexe d’expliquer les conditions du don. Nous
redoutons l’allongement du temps d’attente avant de pouvoir bénéficier d’un
don. Faudra-t-il envisager un don à l'étranger ?

 Pour agir dans l’intérêt des
enfants, il me semble qu'il vaudrait mieux essayer d’agir sur le réel écueil : le
secret ? S’il semble difficile de créer une obligation de vérité dans les
familles, il semble possible de développer l’accompagnement psychologique des
couples infertiles et d’essayer de lutter contre les raisons du secret en
informant sur l’infertilité et les pratiques d’AMP. Pour l’anecdote, une amie
m’a demandé si le don d’ovocyte que nous envisagions était légal…

 Nous accepterons la loi mais
il nous semble très important que les décisions soient prises en connaissance
de causes, et d’effets…


franco78

Ayant eu la chance de pouvoir avoir des enfants naturels et devant nous orienter vers une contraception définitive, mon épouse et moi avons sur recommandation de l’urologue qui va m’opérer envisagé une autoconservation de sperme. Lors de notre réflexion sur la vasectomie, l’autoconservation,  nous avons été plus loin, dépassant cette démarche orienté sur nous, en la transformant en don de sperme pour les autres.

Une motivation d’autant plus grande que nous connaissons dans notre cercle d’amis plusieurs couple qui ne peuvent avoir d’enfants.

Un gros nuage noir vient couvrir notre enthousiasme : la levée de l’anonymat.

Faire une don est altruiste certes mais surtout et avant tout aussi un acte d’amour et de partage envers ceux qui désirent des enfants et ne peuvent pas en avoir. Des parents qui désirent et se battent pour un jour pouvoir dire « je t’aime » à un enfant certes à 50 % le leur génétiquement et 100 % celui de leur amour, de leur courage et de leur ténacité. Cela est bien différent des parents qui peuvent en avoir et qui les abandonnent lâchement voire dans certains pays les vendent. Vous me direz, que ces enfants même vendus trouveront toujours plus d’amour que celui des orphelinats.

Je suis de ceux qui seraient prêt à assumer cette levée dans des cas médicaux où l’appel aux géniteurs pour soigner des maladies graves peut s’avérer vital.

Dans les autres cas, laissons l’amour et le mensonge par préservation maître du secret.

J’aimerai savoir sur ceux à qui l’on a révélé leur origine combien l’accepte sans connaître le donneur, et ceux à qui cela cause un problème.

J’ai le sentiment qu’une fois encore une loi répond à une minorité louable, mais qu’elle perturbe la majorité de ceux qui le vivent bien

Nous allons (je vais) procéder à l’autoconservation, et au don en même temps, en nous laissant la possibilité de révoquer ce don si nous n’arrivons pas à lever ce nuage. Si tel est le cas, nous serons déçus et quelque part frustrés d’avoir renoncé à cause de cette loi à offrir le bonheur à des parents qui l’attendent.

Pour l’heure, les CECOS accusent déjà alors que la modification ne date que de l’automne 2010, une baisse considérable de dons. Veut-on que les demandeurs se tournent vers des pays étrangers, payants, aux sources qui peuvent être douteuses et où l’altruisme et le don par amour ne sont plus !


franco78

franco78 a écrit :

Ayant eu la chance de pouvoir avoir des enfants naturels et devant nous orienter vers une contraception définitive, mon épouse et moi avons sur recommandation de l’urologue qui va m’opérer envisagé une autoconservation de sperme. Lors de notre réflexion sur la vasectomie, l’autoconservation,  nous avons été plus loin, dépassant cette démarche orienté sur nous, en la transformant en don de sperme pour les autres.

Une motivation d’autant plus grande que nous connaissons dans notre cercle d’amis plusieurs couple qui ne peuvent avoir d’enfants.

Un gros nuage noir vient couvrir notre enthousiasme : la levée de l’anonymat.

Faire une don est altruiste certes mais surtout et avant tout aussi un acte d’amour et de partage envers ceux qui désirent des enfants et ne peuvent pas en avoir. Des parents qui désirent et se battent pour un jour pouvoir dire « je t’aime » à un enfant certes à 50 % le leur génétiquement et 100 % celui de leur amour, de leur courage et de leur ténacité. Cela est bien différent des parents qui peuvent en avoir et qui les abandonnent lâchement voire dans certains pays les vendent. Vous me direz, que ces enfants même vendus trouveront toujours plus d’amour que celui des orphelinats.

Je suis de ceux qui seraient prêt à assumer cette levée dans des cas médicaux où l’appel aux géniteurs pour soigner des maladies graves peut s’avérer vital.

Dans les autres cas, laissons l’amour et le mensonge par préservation maître du secret.

J’aimerai savoir sur ceux à qui l’on a révélé leur origine combien l’accepte sans connaître le donneur, et ceux à qui cela cause un problème.

J’ai le sentiment qu’une fois encore une loi répond à une minorité louable, mais qu’elle perturbe la majorité de ceux qui le vivent bien

Nous allons (je vais) procéder à l’autoconservation, et au don en même temps, en nous laissant la possibilité de révoquer ce don si nous n’arrivons pas à lever ce nuage. Si tel est le cas, nous serons déçus et quelque part frustrés d’avoir renoncé à cause de cette loi à offrir le bonheur à des parents qui l’attendent.

Pour l’heure, les CECOS accusent déjà alors que la modification ne date que de l’automne 2010, une baisse considérable de dons. Veut-on que les demandeurs se tournent vers des pays étrangers, payants, aux sources qui peuvent être douteuses et où l’altruisme et le don par amour ne sont plus !


 
Bonjour,

Que c'est dommange qu'il n'y ait pas plus débat sur cette question alors que l'assemblée nationale va elle rentrer dans un débat de modification de la loi et voter un texte.

J'espère que ce texte ne remettra pas la générosité des donneurs au profit des parents qui attendent de pourvoir donner de l'amour.

A titre indicatif, je connais 11 couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants, 7 "à cause" du père, 3 "à cause" de la mère, les deux. Je ne veux pas être égoïste en disant qu'ils ont le droit d'être heureux et potentiellement d'avoir un enfant qui le sera peut-être parce qu'il ne connaîtra pas son "géniteur". La seule chose que je peux affirmer c'est que tous ces couples (du moins les 6 qui sont encore ensembles) ont un amour vrai et sincère à donner qui va au delà de l'égoïsme pur. Il ne fiat nul doute que l'enfant à naître trouvera sa place dans cet amour.

Merci Monsieur pour votre intervention ce matin (24/01 sur RTL avec Yves CALVI) sur la non nécessité de levée l'anonymat. Merci aussi d'avoir précisé que l'on peut vivre avoir l'information sur sa conception sans pour autant connaître son géniteur. 

Je partage en tant que donneur votre point de vue. Je le complèterai avec le fait que l'on construit sa vie, ses envies, ses joies et ses peines, non à partir de ses gênes et des autres mais à partir de ses expériences.

(Pour ceux qui ne l'on pas entandu rdv sur le site http://www.rtl.fr et podcastez)

Cordialement


EIPJ

franco78 a écrit :

franco78 a écrit :

Ayant eu la chance de pouvoir avoir des enfants naturels et devant nous orienter vers une contraception définitive, mon épouse et moi avons sur recommandation de l’urologue qui va m’opérer envisagé une autoconservation de sperme. Lors de notre réflexion sur la vasectomie, l’autoconservation,  nous avons été plus loin, dépassant cette démarche orienté sur nous, en la transformant en don de sperme pour les autres.

Une motivation d’autant plus grande que nous connaissons dans notre cercle d’amis plusieurs couple qui ne peuvent avoir d’enfants.

Un gros nuage noir vient couvrir notre enthousiasme : la levée de l’anonymat.

Faire une don est altruiste certes mais surtout et avant tout aussi un acte d’amour et de partage envers ceux qui désirent des enfants et ne peuvent pas en avoir. Des parents qui désirent et se battent pour un jour pouvoir dire « je t’aime » à un enfant certes à 50 % le leur génétiquement et 100 % celui de leur amour, de leur courage et de leur ténacité. Cela est bien différent des parents qui peuvent en avoir et qui les abandonnent lâchement voire dans certains pays les vendent. Vous me direz, que ces enfants même vendus trouveront toujours plus d’amour que celui des orphelinats.

Je suis de ceux qui seraient prêt à assumer cette levée dans des cas médicaux où l’appel aux géniteurs pour soigner des maladies graves peut s’avérer vital.

Dans les autres cas, laissons l’amour et le mensonge par préservation maître du secret.

J’aimerai savoir sur ceux à qui l’on a révélé leur origine combien l’accepte sans connaître le donneur, et ceux à qui cela cause un problème.

J’ai le sentiment qu’une fois encore une loi répond à une minorité louable, mais qu’elle perturbe la majorité de ceux qui le vivent bien

Nous allons (je vais) procéder à l’autoconservation, et au don en même temps, en nous laissant la possibilité de révoquer ce don si nous n’arrivons pas à lever ce nuage. Si tel est le cas, nous serons déçus et quelque part frustrés d’avoir renoncé à cause de cette loi à offrir le bonheur à des parents qui l’attendent.

Pour l’heure, les CECOS accusent déjà alors que la modification ne date que de l’automne 2010, une baisse considérable de dons. Veut-on que les demandeurs se tournent vers des pays étrangers, payants, aux sources qui peuvent être douteuses et où l’altruisme et le don par amour ne sont plus !


 
Bonjour,
Que c'est dommange qu'il n'y ait pas plus débat sur cette question alors que l'assemblée nationale va elle rentrer dans un débat de modification de la loi et voter un texte.

J'espère que ce texte ne remettra pas la générosité des donneurs au profit des parents qui attendent de pourvoir donner de l'amour.

A titre indicatif, je connais 11 couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants, 7 "à cause" du père, 3 "à cause" de la mère, les deux. Je ne veux pas être égoïste en disant qu'ils ont le droit d'être heureux et potentiellement d'avoir un enfant qui le sera peut-être parce qu'il ne connaîtra pas son "géniteur". La seule chose que je peux affirmer c'est que tous ces couples (du moins les 6 qui sont encore ensembles) ont un amour vrai et sincère à donner qui va au delà de l'égoïsme pur. Il ne fiat nul doute que l'enfant à naître trouvera sa place dans cet amour.

Merci Monsieur pour votre intervention ce matin (24/01 sur RTL avec Yves CALVI) sur la non nécessité de levée l'anonymat. Merci aussi d'avoir précisé que l'on peut vivre avoir l'information sur sa conception sans pour autant connaître son géniteur. 

Je partage en tant que donneur votre point de vue. Je le complèterai avec le fait que l'on construit sa vie, ses envies, ses joies et ses peines, non à partir de ses gênes et des autres mais à partir de ses expériences.

(Pour ceux qui ne l'on pas entandu rdv sur le site http://www.rtl.fr et podcastez)

Cordialement


 

Bonjour Franco 78,

 

je suis étudiante en école de journalisme et je fais actuellement un reportage sur le débat concernant la levée de l'anonymat sur le don de gamètes. Je cherche a recueillir des réactions et des témoignages de donneurs. J'ai donc été particulièrement intéressée par votre témoignage. Seriez-vous d'accord pour m'exposer votre point de vue ?

Cordialement,

Eloïse Daviaud


franco78

EIPJ a écrit :

franco78 a écrit :

franco78 a écrit :

Ayant eu la chance de pouvoir avoir des enfants naturels et devant nous orienter vers une contraception définitive, mon épouse et moi avons sur recommandation de l’urologue qui va m’opérer envisagé une autoconservation de sperme. Lors de notre réflexion sur la vasectomie, l’autoconservation,  nous avons été plus loin, dépassant cette démarche orienté sur nous, en la transformant en don de sperme pour les autres.

Une motivation d’autant plus grande que nous connaissons dans notre cercle d’amis plusieurs couple qui ne peuvent avoir d’enfants.

Un gros nuage noir vient couvrir notre enthousiasme : la levée de l’anonymat.

Faire une don est altruiste certes mais surtout et avant tout aussi un acte d’amour et de partage envers ceux qui désirent des enfants et ne peuvent pas en avoir. Des parents qui désirent et se battent pour un jour pouvoir dire « je t’aime » à un enfant certes à 50 % le leur génétiquement et 100 % celui de leur amour, de leur courage et de leur ténacité. Cela est bien différent des parents qui peuvent en avoir et qui les abandonnent lâchement voire dans certains pays les vendent. Vous me direz, que ces enfants même vendus trouveront toujours plus d’amour que celui des orphelinats.

Je suis de ceux qui seraient prêt à assumer cette levée dans des cas médicaux où l’appel aux géniteurs pour soigner des maladies graves peut s’avérer vital.

Dans les autres cas, laissons l’amour et le mensonge par préservation maître du secret.

J’aimerai savoir sur ceux à qui l’on a révélé leur origine combien l’accepte sans connaître le donneur, et ceux à qui cela cause un problème.

J’ai le sentiment qu’une fois encore une loi répond à une minorité louable, mais qu’elle perturbe la majorité de ceux qui le vivent bien

Nous allons (je vais) procéder à l’autoconservation, et au don en même temps, en nous laissant la possibilité de révoquer ce don si nous n’arrivons pas à lever ce nuage. Si tel est le cas, nous serons déçus et quelque part frustrés d’avoir renoncé à cause de cette loi à offrir le bonheur à des parents qui l’attendent.

Pour l’heure, les CECOS accusent déjà alors que la modification ne date que de l’automne 2010, une baisse considérable de dons. Veut-on que les demandeurs se tournent vers des pays étrangers, payants, aux sources qui peuvent être douteuses et où l’altruisme et le don par amour ne sont plus !


 
Bonjour,
Que c'est dommange qu'il n'y ait pas plus débat sur cette question alors que l'assemblée nationale va elle rentrer dans un débat de modification de la loi et voter un texte.
J'espère que ce texte ne remettra pas la générosité des donneurs au profit des parents qui attendent de pourvoir donner de l'amour.

A titre indicatif, je connais 11 couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants, 7 "à cause" du père, 3 "à cause" de la mère, les deux. Je ne veux pas être égoïste en disant qu'ils ont le droit d'être heureux et potentiellement d'avoir un enfant qui le sera peut-être parce qu'il ne connaîtra pas son "géniteur". La seule chose que je peux affirmer c'est que tous ces couples (du moins les 6 qui sont encore ensembles) ont un amour vrai et sincère à donner qui va au delà de l'égoïsme pur. Il ne fiat nul doute que l'enfant à naître trouvera sa place dans cet amour.

Merci Monsieur pour votre intervention ce matin (24/01 sur RTL avec Yves CALVI) sur la non nécessité de levée l'anonymat. Merci aussi d'avoir précisé que l'on peut vivre avoir l'information sur sa conception sans pour autant connaître son géniteur. 

Je partage en tant que donneur votre point de vue. Je le complèterai avec le fait que l'on construit sa vie, ses envies, ses joies et ses peines, non à partir de ses gênes et des autres mais à partir de ses expériences.

(Pour ceux qui ne l'on pas entandu rdv sur le site http://www.rtl.fr et podcastez)

Cordialement


 
Bonjour Franco 78,

 

je suis étudiante en école de journalisme et je fais actuellement un reportage sur le débat concernant la levée de l'anonymat sur le don de gamètes. Je cherche a recueillir des réactions et des témoignages de donneurs. J'ai donc été particulièrement intéressée par votre témoignage. Seriez-vous d'accord pour m'exposer votre point de vue ?

Cordialement,

Eloïse Daviaud


 

Bonjour,

Avec beaucoup de retard je viens de prendre connaissance de votre message

Avec plaisir, je suis a votre disposition pour tous échanges.

Cordialement

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A PROPOS DU PROJET DE LOI – SUR LA LEVÉE DE L’ANONYMAT DES DONNEURS DE GAMÈTES

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